De plus en plus utilisée, la VR s’invite sur les scènes de crime de la police scientifique canadienne. La réalité virtuelle permet de se plonger dans un monde virtuel à l’aide d’un casque VR. Dans le cas de la police, elle permet de reconstituer, d’analyser et de traiter les scènes de crime. Résoudre un meurtre en se plongeant en son cœur, qui aurait imaginé cette possibilité il y a 50 ans ? Greg Schofield, Formateur en identité judiciaire et ancien Technicien de la police scientifique de Toronto, nous parle de l’utilisation de la VR dans le milieu de la police scientifique.

Scène de crime, la police scientifique analyse la scène de crime

Un gain réel de temps 

La VR permet un gain de temps considérable. Tous les acteurs impliqués dans le processus criminel ont accès à une majorité de données rapidement sans se déplacer. La police scientifique canadienne permet ainsi aux services judiciaires de visualiser une scène de crime dans son ensemble sans la compromettre. « L’une des principales utilisations sera que les enquêteurs, les scientifiques, les avocats et les juges puissent tous voir la scène sans la visiter. En plus de gagner du temps, l’un des gros problèmes que nous avons toujours lors du traitement d’une scène est de garder tout le monde à l’exception des techniciens pour minimiser les risques de contamination. »

Femme utilisant la VR

Dans les yeux du témoin

La réalité virtuelle est réalisée à l’aide de donnée issue du réel qui permet une reproduction conforme et réaliste des faits. À l’aide d’un casque, vous verrez « la visualisation de la scène telle qu’elle est, montrant où les preuves ont été trouvées et les résultats de l’analyse ». En d’autres termes, l’utilisateur peut voir jusqu’à la trajectoire de la balle et les éclaboussures de sang dans la pièce. Plongé dans la scène de crime, il peut visualiser la scène à travers les yeux du témoin, à l’emplacement où le témoin prétend avoir été. 

Voici un exemple de la VR au service de la police scientifique italienne :

Réalité virtuelle et formation

La réalité virtuelle peut se révéler être intéressante pour former les futurs enquêteurs et techniciens scientifiques. Apprendre en se plongeant dans le réel, la VR peut être un bon entraînement. La VR pourrait être « une application très importante pour la formation sur les scènes de crime. Elle permet aux étudiants de visualiser diverses scènes réelles pour voir comment les enquêteurs et le technicien ont traité les scènes ».

Jeune enfant tenant un casque de VR

VR et adoption technologique

Certaines innovations technologiques prennent du temps à être adoptées par les anciennes institutions. Qu’en est-il de la police ? Greg Schofield a déjà rencontré certaines résistances. Deux facteurs rentrent en jeu : le coût et le côté juridique.

« Au Canada, les budgets de la police ont été réduits. Il est donc très difficile de faire entrer de nouvelles technologies à cause des coûts.  Les tribunaux sont généralement très lents à adopter de nouvelles technologies en raison des défis juridiques. » La police scientifique doit prouver aux tribunaux que « toute nouvelle technologie comme la VR est fiable et non trompeuse ».

Enfin, la VR peut être un choix intéressant. Les entreprises et les institutions peuvent ainsi mettre en application et partager plus facilement une même information. Elle présente néanmoins deux problèmes majeurs. Les fichiers 3D générés par les scans sont trop volumineux. « Le principal problème est la taille du fichier et la réduction de la résolution pour charger les maillages ». Il devient donc nécessaire de trouver des solutions de compression pour mieux gérer ses fichiers 3D et permettre une visualisation optimale.  Notre CODEC permet une compression et une décompression des fichiers sans perte de données.

Bientôt un usage dans la police scientifique.  Affaire à suivre.